Après le Parc des Oiseaux venait le Tour du Grand Colombier. Col qui porte bien son nom tant on aurait pu y loger d’immenses pigeons car nous n’avons vu aucun Culoz aujourd’hui.  Attentistes, suiveurs, dépourvus d’audace : les leaders (à quelques uns près) ont eu moins de mérite que le gruppetto aujourd’hui. Tenter de gagner le Tour fait-il donc aussi peur ? L’étape était magnifique. Elle ne laisse qu’un goût d’inachevé.  

On s’est regardé faire aujourd’hui. On a su suivre le tempo des Sky et on s’en est contenté. On joue déjà les places d’honneur, et c’en devient pathétique. Le Tour dure trois semaines, mais à quoi bon ? 

D’aucun diront que personne n’avait la force de frappe pour attaquer l’immuable tempo Sky. Peut-être, mais au moins tenter de les déstabiliser ? Être plus malins ? Les surprendre ?  

Le problème semble être que le sponsor et le porte-monnaie préfèrent un « Top10 »  bien fade, quand nous les amoureux de la petite reine, nous préférerions un grand perdant qui ose et explose plutôt qu’un suiveur qui gère. C’est peut-être là le nouveau grand mal du Tour : on bâtit une équipe imbattable à coups de millions, et derrière on essaie d’être la deuxième meilleure équipe imbattable. Comme un air de Ligue 1. Ne tombons pas là-dedans ! 

Nairo, Bauke, Romain, Richie, Adam, Fabio, Alejandro et consorts, vous avez le risque de faire voler en éclat une ambition collective et personnelle, mais plus gros encore : vous avez surtout le pouvoir de rendre ce Tour magnifique. N’est-ce pas une chance ? Ne serait-ce pas rendre service à votre sport que vous aimez autant que nous ? La certitude est lisse, le risque est beau.  

Allez, sortez-vous les doigts du cul.