Nairo Quintana, vous nous venez de Colombie, vous y êtes né en plein hiver il y a entre seize et cinquante-cinq ans : à votre bobine on ne saurait dire. Vous avez grandi sous le soleil sud-américain qui-tanna votre peau, bien aidé par les petits plats de votre maman, Véro Quintana. L’excès de maïs, s’il ne vous a gastriquement pas réussi (il vous a mis le colon bien), vous a donné très tôt des envies de jaune. Depuis vous avez plutôt vu blanc, récoltant à maintes reprises le maillot du meilleur jeune, ce qui nous fait dire que vous penchez davantage du côté des seize que des cinquante-cinq ans. Tout ce blanc, vous l’égayâtes d’une pointe de rose en 2014.

Mis à part quelques sorties faciles sur les pentes du Matchoupitchou, vous roulez peu dans votre jeunesse. Mais une rencontre va changer votre vie et l’orienter vers la pédale. Le Nairo bi surpassant l’hétéro Quintana, vous fréquentez les bars bis où Ken y a. Vous faites bien puisque dans ces lieux peu catholiques vous apparaît l’Homme de votre vie, votre Astre solaire à vous, le Christ-offert, que vous décidez d’aimer (avez-vous le choix ?). Votre Froomey chéri, vous ne Le lâcherez plus (Lui, si).

Pourtant, atteint à la longue d’un mal au culte sévère, las de cette position dégradante de bras droit du Christ, Lui qui vous surnomme, vous le Grand Rascar Capac, son « lascar pas cap’ », vous reniez votre Dieu, vous perdez la foi, vous virez de bord et épousez la femme qui est la vôtre, en implorant Ciel et Terre pour que Sky fall. Pour renverser votre ancien Maître, vous rejoignez le côté obscur de la farce en signant chez Movistar, dont la devise est « Je suis pépère ». Aux côtés de vos nouveaux équipiers vous vous préparez à une guerre de tous les instants que l’Histoire retiendra sous le nom de Movistar Wars.

En dépit de votre petite taille due à un arrosage trop rare (en Colombie le temps pleut du soleil), vous vous affirmez comme un meneur d’hommes redouté. C’est à vous que l’on doit l’apostrophe restée célèbre « Messieurs les Anglais, tirez les premiers ! », où perçait déjà tout votre amour de l’offensive. Comme chaque année sur le Tour ils vous prirent au mot les rosbifs et tirèrent, tirèrent de tous côtés. Les journaleux misaient sur une réaction du petit Colombien dans le Grand Colombier. Que dalle. Si vous êtes un bonhomme, vous le prouverez dans les Alpes (à gars).

En dehors du vélo, fan de Serge Lama, de Nairo spiritual et de musique en général, vous êtes vous-même l’auteur de hits ! C’est moins fatiguant de faire du blé en envoyant du son. Vous reprenez notamment Balavoine avec brio :

Je suis paaaaas un Nairo-ooo, faut pas croire ce que disent les journaux !


Mais c’est un générique de dessin animé qui vous révèle au grand public, un tube interplanétaire tout à votre honneur qui vous permet de vous hisser très haut dans les charts :

Pour venger Sprinteur ils sortent les Quintana-aa-aaa !


Allez Nairo, ne fais pas mentir la chanson ! Sus à l’Anglois !