La carrière d’Holtz l’est peut-être mais le Tour 2016, lui, n’est pas mort. À trop holtzer le ton, le sénile Gérard n’est plus vraiment gégé. On n’aurait retenu que ça si Romain Bardet n’avait pas foutu une claque gigantesque au Tour au moment où cette édition ronronnante piquait du nez vers l’avant, le cul bien enfoncé dans son fauteuil, bercée par les églises romanes d’Eric Fottorino et par les vues aériennes de Jean-Maurice Van-Ooghe. On se couperait bien l’oreille d’ailleurs, pour ne plus entendre les conneries de tonton Gérard.

Côté course, à l’ancienne et sous la flotte, l’auvergnat a orchestré un putsch maitrisé qui sentait bon le vélo d’antan. Attaque au sommet, descente vertigineuse, adversaires poussés à la faute, gestion de l’effort final… C’était beau à voir comme une guidoline bien enroulée du premier coup.

Le plus remarquable, c’est que Bardet a géré son début de mois de juillet sans faire de bruit, convaincu hier puis parlé fort ce matin. Ensuite il a assumé et il a gagné. Comme un champion.

De son côté, Froome a vacillé puis perdu l’équilibre. On peut avoir une bonne descente et finir raide. Bourré de talent, mais titubant, son sang a coulé sur la route du Tour. Chose presque rassurante : il était rouge et d’apparence humaine puis il a marqué le coup dans le final, sans pour autant céder à la panique. Assurément bien aidé par un travail d’équipe admirable, Bardet est donc désormais deuxième à plus de quatre minutes de l’ogre maigrichon. Si loin. Cependant…

La dernière inconnue de ce Tour est donc de savoir si Chris est traumatisé dans sa chair et/ou dans sa tête. La descente vers Morzine nous donnera la réponse. Un beau juge de paix au terme de cette guerre de trois semaines.