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Wawapowa !

17h31 en France : une secousse sismique est ressentie entre Lorient et Quimper. Les vibrations occasionnées font sonner à l’unisson des milliers de cornemuses et une galette-saucisse géante floquée d’un drapeau breton est aperçue dans le ciel morbihanais. La fin des temps est-elle arrivée ? Non : Warren Barguil vient tout simplement de remporter une étape du Tour de France avec le maillot à pois sur les épaules, un 14 juillet.

Instructions de l’auteur : cet article est à lire en écoutant « La tribu de Dana » ou en dégustant une part de kouign-amann accompagnée d’une bolée de cidre brut. Les vrais peuvent également jouer du biniou avec une bigoudène sur la tronche.

Nous l’avions laissé en pleurs dimanche dernier à Chambéry, cruellement battu pour quelques saloperies de millimètres. Warren Barguil avait alors lâché des torrents de larmes comme s’il voulait resaler la Mer Celtique. Puis il a relevé la tête rapidement, comme seul un champion saurait le faire. Le breton est vite reparti en avant, comme Guingamp, toutes voiles dehors et direction le grand large avec sa bite et son couteau entre les dents, orné d’un triskel. 

L’étape du jour promettait d’être plus folle qu’une jeune fille en fleur devant la publicité de Peter Sagan sous sa douche, courte et intense avec trois cols dont le redoutable Mur de Péguère. C’est là que Warren, à l’avant de la course pour mettre en conserve ses petits pois a décidé de ramener Nérokintana sur (excusez du peu) Alberto Contador et Mikel Landa. Plus costaud qu’un cidre brut, il a profité du marquage des favoris deux minutes derrière pour mener sa barque à bon port. Un dernier virage magnifiquement négocié et quelques coups de rein plus loin, celui qu’on appelle Wawa pouvait enfin exulter devant ses trois compagnons d'échappée royale, comme une mouette à qui l’on viendrait de lancer un hareng. Droit comme un menhir, le natif d’Hennebont pouvait savourer sa revanche, puisqu’il n’avait plus levé les bras depuis ses deux victoires acquises lors de la Vuelta 2013.

De leur côté, les favoris ont été frileux ou en surchauffe, on ne sait pas trop. Toujours est-il que Krisfroume ne semblait pas souverain, bien qu’il a su lancer une escarmouche à un moment où tout le monde semblait plus à bloc que Cyril Hanouna après un rail de coke dans le Mur de Péguère. Notons toutefois que derrière le repositionnement stratégique de Mikel Landa, Dan Martin et Yates ont gratté quelques secondes pour le général dans la descente finale. Seul George Bennett a laissé des plumes dans la bataille. 

L’essentiel était à l’avant de la course aujourd’hui, où le feu d’artifice du 14 juillet a été anticipé. Warren Barguil nous a offert un bouquet final avant l’heure et nous a confirmé que sous sa pédale, c’était comme le beurre dans un kouign-amann : quand y’en a plus, y’en a encore ! 

Rédigé par La Musette le Friday July 14, 2017

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