Menu
Tatouages de cyclistes

Le cyclisme, on l'a dans la peau ! En revanche, le bon goût pas tout le temps. Voici un petit florilège non exhaustif des tatouages qui ornent nos champions, avec plus ou moins de réussite.


1. CATÉGORIE "ÇA PASSE"

L'art du tatouage c'est comme un col de première catégorie, pour certains ça passe mieux que d'autres. Notamment pour Philippe Gilbert, qui a probablement sur lui le plus classe et indélébile de tous les ornements : les liserés arc-en-ciel. Une fantaisie que peu d'individus peuvent se permettre, car elle se mérite et ne se donne pas à tout le monde. Pour avoir le droit de se tatouer ces couleurs mythiques, il n'y a finalement qu'un petit critère (un détail) à respecter : être champion du Monde. Simple. Basique. Magnifique. Je t'aime Philippe.


Par contre, ça fait un peu beaucoup avec la chaussette de champion national de mangeur de frites.

Poursuivons dans cette série des tattoos réussis, avec celui de Sylvain "la machine" Chavanel. Ou quand l'illustration vient représenter avec brio les capacités physiques du coureur, lequel relève presque du personnage bionique quand il s'agit de faire péter les varices à tout un peloton. C'est à se demander si ce tatouage n'est pas un tatouage, tant il colle à la peau de la brutasse qui le porte.


Mais du coup, ça serait pas un peu du dopage mécanique ce joyeux bordel ?

Dans la catégorie ça passe, nous avons aussi le cas de Jacopo Guarnieri. Le beau gosse italien passé au service d'Arnaud Demare et qui a réussi l'exploit rare d'apprendre le français en moins de deux mois (ce que Richard Virenque n'a pas su faire en 40 ans), est orné d'un joli motif qu'on imagine inspiré de la culture maori. Et comme Jacopo est né de l'autre côté des Alpes, il n'a pas fait les choses à moitié : ça prend de la place ce machin ! Et encore, côté torse il y a le même bordel. Mais chez Jacopo, ça passe, non ?


En fait, techniquement il n'a fait que les choses à moitié pour le moment.

2. CATÉGORIE "ON SAIT PAS TROP"

Nous entrons là dans une catégorie à double-tranchant. Comme le Poggio, parfois ça passe, parfois ça casse et on ne sait pas trop quoi en penser. À vous de vous faire un avis, finalement. Et nous débuterons par celui qui aurait pu être un membre du groupe Oasis, Bradley Wiggins, dont on peut admirer les différentes pièces ci-dessous. Avec plusieurs gros tas d'encre par-ci par-là... attention à ce que l'ensemble ne lui confère pas rapidement un côté rockeur à la retraite qui regrettera ses piqûres de jeunesse (sans vilain jeu de mot) à 50 balais. Ou pas d'ailleurs. Brad est British, et ne l'oublions pas : dans un pays qui conduit à gauche et vénère une mamie habillée en rose, le bon goût est plus que jamais une notion bancale et aléatoire.


Don't look back in anger, Brad.

Abordons maintenant ce tatouage de type "revanche sur la vie" appartenant à Oscar Pereiro. Le vainqueur improbable du Tour de France 2006, qui a réussi à résoudre l'équation surréaliste "échappée fleuve + contrôle positif au sabultamol + disqualification de Landis = victoire à la Walkowiak sur tapis vert" nous a gratifié d'une belle frayeur deux ans plus tard en chutant avec une rare violence dans le col Agnel. Un humérus pété et une longue cicatrice plus tard, l'espagnol a trouvé la solution pour conjurer le sort : un tatouage "Col Agnel 2008" au-dessus de sa blessure indélébile. Si la typographie choisie laisse à désirer, la symbolique est forte.


Et l'Oscar du meilleur seconde rôle lors du Tour 2006 est attribué à...

Tom Boonen est un champion d'une rare prestance, une légende flandrienne comme on n'en verra peut-être plus. Mais Tom est un homme, et il a ses faiblesses... "Non Tom, pas toi ! Pas maintenant, pas après tout ce que tu as fait !"... La sentence est irrévocable : un tatouage "phrase en anglais" sur le coeur plus tard, et la légende est égratignée. Il s'est toutefois bien rattrappé depuis, en faisant apparaitre des motifs sympas sur ses épaules mais attention, Tommekke !


Par contre, on ne sait pas trop qui est le mec bizarre derrière lui, et on ne veut pas savoir.

3. CATÉGORIE "ÇA CASSE"

Nous entrons désormais dans une catégorie ou comme la carrière de Riccardo Ricco : ça casse. Premier exemple avec l'illustre Pippo Pozzato, qui est probablement le coureur italien le plus classieux depuis Michele Bartoli... quand il porte des habits. Parce qu'une fois dévêtu on retrouve sur lui une forêt de trucs improbables : une carpe japonaise à la Zlatan, une phrase de thug "seul Dieu peut me juger" dans une typo dégueulasse, une tête de Christ un peu flippante, des rosaces, des machins bizarres, un SPQR d'italien... Bref, comme dans un discours d'Oleg Tinkov : ça part dans tous les sens et il n'y a aucune cohérence.


T'as déconné, Pippo.

Poursuivons avec le cas David Clinger. Il n'est certainement pas le plus grand nom du cyclisme, mais cet américain sulfureux passé notamment par la case dopage et la drôle d'équipe Rock Racing (trajectoire classique durant l'ère post-Armstrong), a détonné dans le milieu propret du vélo en arborant au coeur des années 2000 un motif maori... sur le visage ! Fabian de Koh Lanta n'a rien inventé.


Perso, je l'engueulerais pas s'il fait péter un relais.

Ces dernières lignes sonneront comme un ultime rappel à l'ordre au nom du bon goût : attention Richard ! Le chouchou des français et du maillot à pois avait débuté pendant ses années de coureur par une salamandre sur le mollet. Pourquoi pas. Mais avec l'âge, Richard a déconné et est passé au tatouage tribal... sur le cou. Matt Pokora, sors de ce corps !


Tu vaux mieux que ça, Richard.

Cette petite revue de tattoo vous a plu ? Vous avez d'autres suggestions de tatouages cyclistes à nous faire ? N'hésitez pas à en discuter et à partager cet article, au nom du bon goût !

Vous pouvez aussi acheter notre livre (parce que vous êtes quelqu'un de bien) en cliquant ici !

Rédigé par La Musette le Tuesday November 14, 2017

Plus d'articles