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Pourquoi les spectateurs du Tour sont-ils bourrés ?

Chaque année ils sont plus colorés qu’un épisode des Télétubies sous LSD, plus joviaux que Patrick Sébastien après une victoire du CA Brive Corrèze et plus kitsch qu’un live de Dave chantant Vanina sur le plateau de Village Départ. Le supporters du Tour sont uniques, et beurrés comme des sardines du soir au matin. Comment l’expliquer ? Voici nos éléments de réponse.

L’attente 

Tout le monde le sait : le Tour c’est long et chiant à la télévision. Et ça l’est encore plus sur le bord de la route où il faut parfois attendre plus de six heures en plein cagnard avant de ramasser un bob Cochonou au fond d’un fossé (ou l’arracher des mains innocentes d’un enfant… pas de quartier quand il y a du saucisson en jeu !). Alors, comment tromper l’ennui en attendant le passage de la caravane et des coureurs ? En picolant, évidemment. 
De l’avis général sur le bord des routes du Tour, la glacière est la plus formidable invention du XXe siècle (avec les sandales-chaussette). 10h20, le petit déjà’ est déjà digéré ? Pas de problème, y’a du rosé au frais ! 10h34, la bouteille de rosé est torchée ? Tranquille Émile, y’a des Kro ! Et glacées comme un sourire de Vasil Kiriyenka qui plus est. Cerise sur le gâteau : il y a de quoi tenir jusqu’au passage des coureurs, puisque votre voisin de camping-car belge est prêteur et très axé sur le partage des produits locaux. À moins de péter votre tire-bouchon-décapsuleur Heineken, impossible de vous ennuyer !


Posey, OKLM.

La fête au village

Le Tour est une fête, une espèce de 14 juillet ambulant faisant sa parade, comme un cirque qui passe dans les villages en gueulant dans son micro grésillant qu’il ne faut pas rater la prestation de la formidable Olga et son numéro de jongle avec des torches en feu sur le cul d’un dromadaire. On dresse des tentures le long des routes, on sort les parasols Ricard, on joue de la musique à la con, on est heureux d’être en RTT, on met son plus beau marcel « Champion » collector acheté dans l’ascension de Joux Plane en 1999… L’ambiance est tout bonnement propice à la beuverie et à la fête, comme un bal en plein jour où les danseurs ne sont autres que des coureurs suant dans du lycra moulant. Bref, sur la route du Tour, c’est plus la teuf que dans le slip de Sébastien Patoche ! 

Un truc culturel

On peut également expliquer le degré de picole par la démographie observée le long des routes de la Grande Boucle : belges, néerlandais, luxembourgeois, allemands, norvégiens… On ne peut pas faire pire en terme de trous sans fond imbibés de bière. C’est culturel : l’allemand boit, le belge se torche la gueule, le luxembourgeois se fait péter la ruche, le hollandais se murge la gueule… Et le français les suit ! C’est comme au concours de l’Eurovision : tout est suranné, tout est kitsch, tout est festif… à une différence près : l’authenticité. Ah qu’elle est belle l’Europe ! Et le Tour encore plus, avec ses moments de partage indubitable et joyeux, où Bernard sert un verre de rouge à Rik, qui lui offre des grandes pintes d’Amstel en retour. 

Alors, pourquoi les supporters du Tour sont-ils bourrés du soir au matin ? Parce qu’ils sont contents d’être là, tout simplement. À la bonne vôtre, et vive le Tour de France !

Rédigé par La Musette le Thursday July 13, 2017

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