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Il est fou ce Romain !

Sortez vos moustaches de gaulois, faites résonner le chant du coq et placez une baguette sous votre bras en vous aspergeant de Chanel 5 (les vrais peuvent également entonner « On fait tourner les serviettes » de Patrick Sébastien) ! La France a posé ses bollocks sur la planète cycliste aujourd’hui, avec la victoire en patron de Romain Bardet au sommet de la rampe de Peyragudes. Au delà de la victoire d’étape, le plus beau dans l'histoire est que l’irréductible Romain semble être en mesure de résister à l’envahisseur. Voire mieux.

Une étape avec à son bord Jean Lassalle ne pouvait qu’accoucher d’un dénouement franchouillard. Le fameux député-berger dont on ne sait plus trop s’il est tout le temps bourré ou juste complètement viré de la carafe était en voiture officielle, sur ses terres, dans une Skoda aussi rouge que sa boisson alcoolisée préférée. Ça s’annonçait bien, d’emblée.

La traditionnelle échappée du jour s’est détachée dans la plaine avec à son bord des beaux bébés, notamment en la personne de :
- Cyril Gautier (que l’on soupçonne de s’être pris pour un lapin dans la descente du Port de Balès)
- Thomas De Gendt (dont les pédales ont encore déposé plainte pour maltraitance)
- Michael Matthews (qui a joliment protégé la varicelle de Barguil)
- Marcel Kittel (oui oui) ou encore Steven Cummings. 

Un peu comme Jonny Wilkinson face aux poteaux, on sait que le britannique ne se rate jamais quand il est dans le bon coup, mais aujourd’hui le Team Sky a refusé de lui faire lever les bras. Kiriyenka a roulé comme si la joie de vivre le poursuivait, la fuyant avec autant de vigueur qu’il en met pour maintenir sa mâchoire serrée et verrouillée, vierge de tout sourire et imperméable à toute effusion positive depuis 2004, parait-il. « Vasil rouler, Vasil aimer ça ». Puis c’est Kwiatkowski qui a pris le relais, en faisant voir de toutes les couleurs de l’arc-en-ciel à l’échappée, puis Nieve a fait son taf avant de laisser le gouvernail à Landa. Bouche fermée, en apnée et plus relax qu’un cyclotouriste petit plateau sur le plat avec vent dans le dos, l’espagnol a asphyxié toute tentative d’attaque au point que nous autres suiveurs, nous nous en agacions.
Du côté des vaincus, Contador (malgré un pétard mouillé dans le Port de Balès) nous a prouvé qu’il fait bel et bien le Tour de trop, et Quintana a pété comme un bouchon de Champomy dans une boum pour ados… Seuls s’accrochent les vrais : Aru, Bardet, Martin, Uran, Yates et évidemment Krisfroume. Cette étape que l’on voulait dantesque va donc se finir en Flèche Wallonne, avec ce petit monde arrivant groupé au pied du dernier mur.

Mouais, c’est pas un peu escamoté tout ça ? 

Il aurait pu en être autrement puisque Froome a décidé de visiter un camping-car sur la route. À la sortie d’un virage en descente, le britannique a fait une erreur de pilotage et s’est fait un petit kiff marseillais : droit au but. Sans gravité, mais si ses adversaires avaient voulu lui faire payer sa maladresse (qui après tout, fait partie de la course), ça aurait pu être une autre paire de manches à effet vortex ! Qu’à cela ne tienne. 

À la surprise générale, la fusée Krisfroume 4 n’est pas souveraine dans le dernier coup de cul et bute sur ce qui devait être sa rampe de lancement, avant d’exploser en plein vol. Landa est agacé de devoir l’attendre, comme Froome le fut de ronger son frein pour Wiggins quelques années plus tôt. Étonnante ironie... Ainsi, au terme d’une arrivée plus violente qu’une interview de Jean-René Godart en allemand, l’altiport de Peyragudes a finalement mis Romain Bardet sur orbite. Fabio Aru, très à l’aise également, a récupéré le maillot jaune à un kenyan blanc mou comme un jello, tandis que le français s’est placé en favori solide et crédible. 

À l'issue de cette étape riche en enseigements, tout ce qu’on peut désormais souhaiter au haut-ligérien, c’est de tenter ! « Car même si tu vises la lune, tu peux encore atterrir dans les étoiles » nous dit cette phrase pas si conne, qu’on imagine pourtant volontiers tatouée sur l'omoplate d’une candidate des Anges de la Téléréalité. Espérons que l’altiport de Peyragudes ait au moins donné des ailes au plus gaulois des Romain. Et de la suite dans les idées. 

Rédigé par La Musette le Thursday July 13, 2017

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