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Chauffe Marcel !

Cette étape fut plus chiante qu’une envie pressante de Tom Dumoulin dans un fossé du Giro. On aurait aimé voir de la tactique et de l’audace aujourd’hui, mais en vain. Au lieu de laisser Quickstep assumer seule la poursuite, les équipes rivales l’ont emmené dans un fauteuil vers sa cinquième victoire. Marcel marche sur l’eau c’est indéniable, mais en plus Lotto-Soudal et Katusha lui servent de flotteurs. Trop facile.

« Eymet, c’est ce qu’il y a de plus Pau ». Nous sommes très fiers de cette vanne alors nous l’écrivons d’emblée pour ouvrir cet article compte-rendu d’une étape durant laquelle on s’est plus emmerdé qu’un grimpeur colombien à Paris-Tours. Entre Eymet et Pau, les coureurs ont rejoué à la virgule près leur pièce de théâtre préférée, et le beau Roméo-Marcel a encore fini par pécho sa Juliette. Cinq fois déjà ! La ligne d’arrivée est une fille facile quand elle subit les avances de l’allemand aux épaules plus carrées qu’une hotte de livreur Deliveroo. Cinq fois beaucoup trop faciles. 

Aujourd’hui, Greipel savait qu’il n’avait pas les jambes pour faire mieux que septième, et Kristoff s’est évaporé du top 10 aussi rapidement que le groupe Tragédie a mystérieusement disparu de la circulation en 2006. Pourtant leurs équipes respectives ont roulé pendant 200 bornes, en faisant semblant d’y croire et sans oser mettre une seule fois en difficulté l’indéboulonnable Marcel du Team Lidl. À force, on a pourtant compris que collaborer avec Quickstep sur ce Tour de France 2017, c’est comme conduire sa femme chez l’homme avec qui elle te trompe avec de la vaseline dans le coffre. Il faut donc croire que les adversaires de l’allemand sont partageurs.

Seul le panache de Maciej Bodnar nous a tenu en éveil (ainsi que la fameuse bascule pour changer de chaine, sommet d'adrénaline invétéré la journée). Pourtant doté d’une puissance à faire fondre un pédalier, le polonais s’est cruellement fait avaler à 300 mètres seulement de la ligne d’arrivée. Comme en l’innocence de Virenque, on y a cru mais c’eut été trop beau pour être vrai. Try again !

Finalement, ce fut une journée comme on en a déjà vécu quatre ou cinq sur le Tour. Les seuls moments d’action furent les quelques chutes syndicales qui ont jalonné le final, un petit moment de panique pour Contador, une rumeur lointaine sur un quelconque vent de côté, et un problème mécanique pour Arthur Vichot. Rien de bien transcendant au cours d’une étape où il y eut plus de mouvement pendant une pub contre les fuites urinaires que sur la route. 

Pyrénées, venez vite nous sauver ! 

Rédigé par La Musette le Wednesday July 12, 2017

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